
Dieu s'est penché sur son humble servante et, à travers elle, il a visité tous les humbles de la terre. Par cette sollicitude de Dieu, nous savons que rien ne peut nous arriver sans sa permission divine pour le plus grand bien qui soit : l'union d'amour avec notre âme. Dieu aime notre pauvreté. Grâce à elle, Il peut nous combler de la richesse infinie de sa miséricorde.
Marie peut exulter de joie dans le Seigneur parce qu'elle est profondément humble. Elle sait que l'Enfant qu'elle porte en elle est le Fils de Dieu, mais ne s'en glorifie pas de manière humaine et orgueilleuse. Elle sait qu'elle n'est qu'un instrument dont Dieu se sert pour donner au monde son propre Fils. Saint Robert Bellarmin disait : « Voulez-vous donc exalter Dieu ? Imitez Marie, abaissez-vous vous-mêmes. Plus le plateau d'une balance s'incline, plus l'autre s'élève : de même, moins l'Homme s'attribue, plus il donne à son Dieu ; plus il s'abaisse, plus Dieu l'exalte. »
Marie est aussi bienheureuse, comme le lui dit Élisabeth lorsqu'elle la salue, non seulement parce que le Seigneur s'est penché sur elle, mais parce qu'elle a cru. Sa foi fut immense, elle est en elle le plus beau fruit de la bonté divine ; elle, l'humble servante, ne douta pas un instant de l'incompréhensible mystère du choix de Dieu.
Élève donc les yeux, ô mon âme, vers la grandeur de l'humilité de la Vierge Marie. En Dieu, mets ta confiance, et glorifie chaque jour l'Éternel de ses justes volontés !
Ô Marie, ô la plus pauvre et la plus sainte des servantes du Seigneur, priez pour nous afin que nos cœurs se détachent des biens de la terre, et que, délestés de toutes les choses de ce monde, ils puissent s'enrichir des trésors de la grâce et se remplir de toutes les vertus. Donnez-nous votre disponibilité et votre ouverture, afin que toutes nos actions ne soient que l'exact accomplissement de ce que Dieu veut pour chacun de nous. Donnez-nous votre humilité et votre détachement, afin que nous acceptions les remarques, les contrariétés, et tout ce qui nous rebute ou va contre notre sensibilité, et ce avec les mêmes dispositions qui vous ont habitée toute votre vie. Donnez-nous votre patience et votre douceur, pour que nos regards et nos gestes envers nos frères soient empreints de la tendresse avec laquelle vous regardiez l'Enfant-Jésus.
Notre-Dame de la Visitation, nous vous confions toute notre volonté et tout notre être, nos joies et nos angoisses, nos décisions et nos renoncements. Soyez notre gardienne en ce jour, que nous soyons préservés des embûches du Démon. Nous remettons notre vie entre vos mains, offrez-la à votre divin Fils. Dans cinq jours, nous fêterons sa glorieuse naissance. Que notre joie à Noël ne soit pas une joie mondaine, mais la joie vraie et profonde de célébrer la naissance du Sauveur promis, et l'exaltation de votre humilité, de votre pureté, de votre sainteté. Préparez nos cœurs dans cette dernière ligne droite qui nous conduira au berceau de l'Enfant-Dieu, sous votre regard et celui du bienheureux Joseph. Ô Mère de miséricorde, en nous agenouillant devant Jésus, nous méditerons ces admirables paroles du Magnificat que l'Esprit-Saint fit jaillir de votre bouche : « Oui, vraiment, le Seigneur fit pour nous des merveilles, Saint est Son Nom ! »
Effort du jour
: Accepter les remarques et les contrariétés avec la plus grande humilité.
